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Yannick PORTEJOIE, chargé d’études pour le Grand Sud-Ouest

ACSEL - Perspectives

Yannick PORTEJOIE

Quelles sont, selon vous, les sujets les plus importants pour vos partenaires économiques en 2016 ?

L’investissement, y compris en capital humain, constitue l’une des préoccupations premières des acteurs économiques des mois à venir ; cohérence de politique de soutien pour les élus de collectivités territoriales et opportunité, ou non, d’innovation, de développement, en période de reprise encore fragile pour les chefs d’entreprises, chacun s’interroge sur la meilleure stratégie pour construire la nouvelle France entrepreneuriale.

Dans cette perspective, une analyse fiable de l’évolution économique et financière de territoires et de filières, conjugué à un suivi conjoncturel précis, constitue un prérequis plébiscité pour un continuum d’actions allant de la recherche fondamentale à l’innovation industrielle, en passant par la formation, le transfert de technologie, la maturation du savoir-faire, l’embauche.

Pouvez-vous nous expliquer votre rôle d'expert ACSEL ?

Mon rôle s’articule autour de trois phases : la prise en compte des besoins du client, la valorisation des données et leur restitution. J’attache une importance toute particulière à ce « triangle vertueux», clé de réussite de la prestation.

Dans la phase de présentation du produit ACSEL ou de préparation technique de l’étude, je privilégie clarté et pédagogie. La puissance technique de notre outil et sa modularité ne sont rien sans notre disponibilité et notre écoute des besoins du client qui permettront l’adéquation de la prestation avec ses attentes. Personnellement, avec du recul, c’est un moment exceptionnel car c’est souvent là que se sont noués des liens de partenariat d’une grande richesse.

Durant l’analyse, mon rôle est de valoriser les données issues des bases de la Banque de France pour une interprétation approfondie. C’est une étape qui me passionne, avec une impatience intacte au fil des études ; elle consiste à décomposer les liens entre les ratios, les croiser avec la connaissance du terrain pour dévoiler «l’histoire» d’un territoire ou d’une filière, sa « compétitivité structurelle » parfois en rupture totale avec les idées reçues et communément admises.

Enfin, l’expert Acsel adapte la restitution finale à la problématique, prépare l’intervention du Directeur ou de la Directrice de la Banque de France en accord avec les commanditaires de l’étude et en adéquation avec le profil du public dans l’auditoire.

Comment accompagnez-vous vos clients et les aidez-vous à définir précisément leurs besoins ?

Nous ne sommes pas dans une situation où « on passe commande et on attend le résultat ». Des échanges très ouverts sont proposés à nos interlocuteurs, des réunions de travail sont programmées. Ces « comités de pilotage » comme on a l’habitude de les nommer permettent de discuter des options. Les interprétations sont affinées à partir de présentations assez didactiques, par itérations successives. Ce système plaît bien, on avance ensemble.

Vous rencontrez régulièrement des communautés urbaines et des communautés d’agglomération. Quelles sont les problématiques qui sont le plus souvent exprimées ?

Dans un contexte de crise et dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), les Communautés Urbaines ou d’Agglomération, notamment, ont la recommandation de rédiger une stratégie locale agrégeant les différents éléments recueillis sur les territoires et d’alimenter la réflexion de groupes de travail constitués sous leur égide. Leurs informations doivent s’appuyer sur des éléments tangibles ; portée par la Banque de France, l’objectivité des résultats d’une prestation ACSEL est considérée comme un atout pour élaborer un schéma de développement.

Agir sur la compétitivité d’une zone géographique ou d’une filière, en favorisant la croissance des entreprises, en renforçant leur internationalisation et en accompagnant de nouveaux savoir-faire est l’enjeu le plus fréquemment exprimé. Nos interlocuteurs émettent donc le besoin d’un outil de communication performant sur l’état de l’Économie, s’appuyant sur une profondeur d’analyse et une mise en perspective. La comparaison avec d’autres zones sert souvent de puissant révélateur. La Banque de France leur offre ce service assez unique dans sa conception.

Comment les diagnostics que vous avez réalisés sur ces collectivités territoriales ont-ils impacté leur politique de développement et d’attractivité ?

Les diagnostics ACSEL ne livrent pas de recette miracle. Tout comme GEODE pour les entreprises, le diagnostic s’accompagne d’un dialogue qui favorise la prise de conscience d’écarts stratégiques pour les collectivités. Avec la fraîcheur de ses données d’entreprises et la richesse des mises en situation, la prestation Acsel pousse à s’inscrire dans une démarche résolue de long terme. À l’appui de nos conclusions fondées sur des éléments tangibles, j’ai constaté des remises en question de certaines orientations territoriales. « L’arbre cachait la forêt » ou « Profitons de notre attractivité qui vient d’être démontrée » ou encore « La perte de vitesse de notre territoire doit nous conduire à encourager l’innovation » sont par exemple les mots d’élus entendus lors de nos récents travaux.

C’est de cet éclairage impartial et de sa fiabilité dont ont besoin les communautés d’agglomération et les collectivités en général pour réaliser leurs arbitrages et asseoir leur politique.

Décembre 2015

 

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Mis à jour le : 13/03/2017 15:57